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N'ayons pas peur des mots, mes chers amis, Starskywi et Hutch sont deux chics types. Je sais, ça paraît difficile à accepter quand on connaît le parcours atypique de ces flics fraîchement émoulus de l'école de police de Bestagenberkeuchtat (prononcez BESTAGEUNBERKEUCHTAATCH) , situé dans le Haut-Rhin. Mais que voulez-vous, c'est comme ça. Jean Luc Starskywi, tout d'abord. Myope comme une taupe, il ne faillit jamais réaliser son rêve, à savoir rentrer dans la police (c'est moche, mais que voulez-vous c'est comme ça) et ne dût son incorporation qu'à ses grosses qualités (et à ce sujet là tout le monde est unanime) de chaud lapin. D'ailleurs, la commissaire divisionnaire Lucette Gevry responsable de l'admission des jeunes trouffions pourrait vous en parler.Mais pour de sombres histoires de coucheries, elle s'est refusé à s'étendre sur le sujet. Une fois de plus, le journalisme est pris en otage et c'est bien dommage. Toujours est-il que nombreux sont ceux qui pensent que sans ses problèmes oculaires, Jean-Luc serait ce qu'on appelle dans le jargon " un putain de bon flic ". Même s'il se refuse à porter des lentilles de contact (il trouve que ça lui fait un gros cul), quitte à rester un tireur de merde, Starskywi reste un flic bigrement efficace. |
Même s'il est vrai qu'il n'arriverait pas à toucher quelqu'un dans la foule avec son 357 magnum un samedi soir pendant les fêtes de la madeleine. Même dans une rue étroite.
Remarquez, le 22 de ce mois, alors qu'un individu non identifié (quand je vous dis qu'il y voit que dalle) s'enfuyait avec le sac d'une personne âgée, Starskywi n'attendit ni une, ni deux pour ouvrir le feu sur le fuyard. Certes, il ne toucha que la personne âgée, mais comme il le disait si justement devant le jury : " J'ai touché quelqu'un, c'est déjà un progrès ".
Heureusement, il s'en tira (le terme est bien choisi, je trouve) en couchant avec l'avocate de la défense qui requiert contre Jean-Luc seulement une amende de 100 euros et le remboursement intégral de la nuit d'hôtel et des dégâts occasionnés ce soir-là (ça avait dégénéré entre eux en fin de soirée car Starskywi était chaud comme une baraque à frites).
N'empêche que Starskywi est indispensable pour endiguer la pègre strasbourgeoise.
Son réseau d'indics hors norme et ses connaissances dans le milieu font de Jean-Luc une arme redoutable et redoutée.
Certes, il a couché avec toutes les prostitués de la région (et avec à peu près tout ce qui ressemble à une femme) mais ce n'est pas une raison pour galvauder ses mérites.Starskywi sait trop bien que les gangsters aiment se confier après une partie de jambes en l'air. Quel génie ! Grâce à ses indics et Huggy les bons tuyaux, en rapport avec sa tension artérielle de jeune homme (seul indic d'ailleurs avec qui il n'ait pas fricoté), il a notamment démantelé un trafic de kiwis de contrefaçon en résine de cannabis.
Et c'est justement à cette époque qu'il connut de vue (si, si) Didier Hutch, expert-es stupéfiant de la SRPG de Strasbourg. Sans le savoir, les deux inspecteurs travaillaient sur la même affaire.
Et pour cause, Hutch tenait de ses années baba-cool un goût très prononcé pour la verte (et pour la coke, mais bon chut, il pourrait se faire virer pour ça). Il est d'ailleurs de notoriété publique que Didier Hutch pouvait renifler une plante de marijuana à des kilomètres à la ronde. Le rendant complètement dingue.Ce qui lui a valu de nombreuses nuits blanches, habitant non loin des boîtes branchées strasbourgeoises dont les soirées, pour reprendre une expression rugbystique " sentaient la poudre ". N'empêche que sous ses airs de junky, cet ancien champion de catch à 4, traquait les dealers aussi près que ne pouvait le faire un morpion aux basques d'une vieille prostituée (d'un indic pardon !).
Mais voilà, son goût pour les tacos mexicains hypers épicés après avoir fumé du hash (c'est vrai que ça creuse cette merde mais quand même), sans compter les flatulences intempestives, ainsi que sa très grande laideur rendait toute collaboration avec d'autres inspecteurs impossibles.
Le commissaire divisionnaire Joe Peschi tenta bien de l'associer avec l'inspecteur Dudley, alcoolique avéré. Bourré au cointreau du soir au matin ,peut être qu'il ne remarquerait pas la laideur d'Hutch.
Peschi avait vu juste. Dudley ne se rendit compte de rien sauf que, alors que Dudley conduisait la voiture, Didier Hutch, un soir de débauche, fit une double nelson et une clé de bras à Dudley, sans crier gare, hurlant " Pourquoi boire et conduire alors qu'on peut fumer et planer ? ". Frôlant l'hémiplégie, Dudley demanda le changement de partenaire illico.
Au même moment, Starskywi quittait Brian Applefish pour incompatibilité d'humeur - pour tout vous dire Mme Applefish ne laissait pas Starskywi de marbre, il la trouvait même carrément bandante - .
L'histoire était en marche.
L'association Starskywi et Hutch était née.
Ils résoudront pelle-mêle : l'affaire Urba-Graco, Total Fin Fin, Pélican, Edanlesac, Arepasser, Louistrio, mecélébrités et j'en passe des vertes et des pas mûres. Ils devinrent vite les pygmalions de la police strasbourgeoise. Montrés en exemple, ils ne prirent pas pour autant le caisson, voire la grosse tête. Ils gardèrent même une attitude de franche déconnade. Profitant d'un peu de temps libre dans leur emploi du temps, ils eurent la présence d'esprit d'aller converser autour d'un verre (et plus si affinité) au sujet des affaires en cours. Verres que ne tardaient pas à leur payer bons nombres de cafetiers du coin. Faut dire que Starskywi et Hutch faisaient semblant de ne pas voir (enfin, Starskywi faisait pas exprès) les parties de belotes couinchées clandestines dans les troquets, à 1 euro le point.
Toujours est-il qu'ils n'avaient pas garé leur voiture immatriculée dans la flicaille sur le parking depuis 30 secondes, que déjà trois personnages clairement identifiés comme basanés et n'appartenant pas au sexe féminin (selon Starskywi bien sûr) et sentant carrément l'herbe (selon Hutch évidemment) s'enfuyaient dans la nuit noire de Strasbourg (en fait c'était la journée, mais le temps est dégueulasse là bas). Hutch n'eut même pas le temps d'allumer son joint (oui, il aime bien courser la racaille en fumant des pétards de drogue, il trouve que ça le rend cool), c'est dire ! N'attendant ni une, ni deux, ni trois, Starskywi voyant l'occasion de s'entraîner - pardon de se rattraper de sa bévue gériatrique- ouvrit le feu...
Bref, quand ils se rendirent compte qu'ils avaient flingué Joey Starr, Doc Génico et Stomy Bugsy qui sortaient d'un after un peu jointé et avec une grosse envie de pisser, le mal était déjà fait. Starskywi était hachement content de lui, vu que pour une fois, il avait bien tiré son coup. Hutch resta pantois (bon, il était un peu défoncé mais quand même).
Ils comprirent vite qu'ils venaient de descendre 3 grands noms de la chanson d'aujourd'hui et qu'on ne les entendrait plus jamais sur nos ondes, ni dans l'ascenseur de nos HLM, ni même dans nos salles d'attente.
Quand je vous disais que Starskywi et Hutch étaient deux chics types !